Éditorial et blogue

La désinformation au nom d'animaleries douteuses

VOTRE ÉDUCHATEUR SE FÂCHE : LA DÉSINFORMATION AU NOM D’ANIMALERIES DOUTEUSES

Assez c’est assez! Mes articles sont toujours remplis d’humour et posés mais, exceptionnellement, cet article sera un peu plus épicé car je ne peux pas rester silencieux devant cette requête en justice d’animaleries voulant invalider le règlement de la ville de Montréal.  

Bien qu’il n’incorpore pas de mesures éducatives, l’un des points très positifs de ce règlement, que je salue, est le fait que les animaleries devront s’approvisionner des refuges pour obtenir leurs animaux à mettre en adoption. La beauté de ce règlement est qu’il aide à la fois les refuges qui euthanasient des milliers de chats chaque année faute de place mais surtout, empêche de faire profiter des usines à chiots ou à chatons qui vendent principalement dans des animaleries. Mais voilà qu’un avocat, représentant une dizaine d’animaleries, vient sur la place publique pour dire que ce règlement est illégal et justifie ses dires par des arguments qui ne sont rien d’autres que de la désinformation. C’est la principale raison pour laquelle j’interviens dans le débat.

L’avocat dit que, contrairement à ce que l’on croit, l’approvisionnement des animaleries est très contrôlé et que les éleveurs qui les approvisionnent sont très responsables. C’est ici que je me fâche. NOUS SOMMES RECONNUS PAR LES AUTRES PAYS COMME ÉTANT L’UN DES PIRES ÉTATS AU MONDE en matière d’usines à chiots et à chatons précisément parce que les normes ne sont pas assez sévères ou qu’elles ne peuvent être appliquées faute de ressources. Le nouveau règlement du MAPAQ a amélioré la situation mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire.

Est-il vrai que certaines animaleries font les choses correctement en matière de vente d’animaux? Oui, j’en connais. Est-ce qu’elles sont en majorité? J’en doute mais même si c’était le cas, le fait est qu’il y a des animaleries qui ne font pas les choses convenablement et des animaux en souffrent en plus de créer des problèmes de comportement avec ces animaux une fois adoptés. Cela fait en sorte que ce règlement est justifiable. Certains diront : « Oui mais de bonnes animaleries vont payer pour une minorité de mauvaises ». Ben oui! C’est la vie! TOUTES LES LOIS sont faites sur ce même principe d’imposer des limites à la majorité pour contrôler une minorité de gens voulant tirer profit d’une situation et, dans ce cas-ci, comme il s’agit de protéger des êtres vivants, alors c’est pleinement justifiable.

Je m’adresse donc aux animaleries ayant fait cette requête : quelle différence cela fera-t-il de vous approvisionner à mêmes les refuges? Vous ferez peut-être un peu moins de profit mais combien de fois vous ai-je entendu dire que vous avez, avant tout, le bien-être des animaux à cœur et que votre but n’est pas purement pécunier? Donc, vous ne devriez avoir aucun problème à vous plier au règlement, n’est-ce pas? Certes, vous aurez beaucoup moins de chats soi-disant de race à vendre. Mais si un éleveur vend ses animaux à une animalerie, c’est forcément parce qu’il en produit trop et/ou qu’il ne parvient pas à vendre ses animaux par lui-même à cause d’une mauvaise réputation ou d’un problème de santé avec ses chats. Sinon, la logique veut qu’il les vende lui-même pour faire plus de profit, non? Et bien ça, c’est la définition même du terme « usine à chiots/chatons ».

Dans le domaine des chats, TOUS LES ÉLEVEURS que je connais, même ceux qui, selon moi gagneraient à améliorer leur élevage, n’accepteraient jamais de laisser leurs chatons dans une cage d’animalerie car ils veulent s’assurer qu’ils seront placés dans une bonne famille. Donc si un éleveur de chats vend ses chats de race à une animalerie, c’est nécessairement qu’il y a un problème avec cet éleveur sinon pourquoi la majorité des éleveurs ont une liste d’attente allant souvent jusqu’à deux ans? Les éleveurs qui ne parviennent pas à placer leurs chats produisent trop ou leur élevage est boudé par les clients pour différentes raisons ce qui, au bout du compte, signifie qu’ils ne sont pas de bons éleveurs. Il peut arriver qu’un éleveur ait des portées plus nombreuses mais si cela se produit régulièrement, c’est clair qu’il fait de la surproduction. N’oubliez pas que l’éleveur a le contrôle complet et total sur la production. C’est lui qui décide des fréquences d’accouplement. Donc s’il produit trop, c’est qu’il le décide. Et ne me sortez pas l’argument de l’éleveur « qui veut profiter de l’animalerie pour faire connaître sa race ». Le chat n’est pas un diamant rare ou un parfum haut de gamme qu’on veut faire découvrir via un gros WalmartFélin. En fait, si c’était le cas, WalmartFélin n’en voudrait pas car il y a surproduction de ce « produit » actuellement (surpopulation féline). Donc, dans un marché en surproduction, l’excédent et les produits de qualité inférieure se retrouvent au Dollar Store…. Je n’ai rien contre ce type de commerce mais dans cette analogie, c’est un peu comme si votre Dollar Store vendait des bagues en diamant, du parfum haut de gamme ou du linge de marque… Vous ne vous poseriez pas quelques questions sur l’origine de ce genre de produit?

Cette analogie n’est pas parfaite et svp ne vous attardez pas à la démolir car tout ce que je tiens à faire ici c’est vulgariser la situation pour mieux la faire comprendre. Il est question d’êtres vivants et c’est pourquoi il est important d’essayer de faire comprendre la situation aux gens qui ne sont pas informés et surtout contrer la désinformation amenée par cet avocat qui, rappelons-le, n’est rien d’autre que le représentant de ce groupe d’animaleries. Alors allez-y mollo et restez respectueux de la personne dans vos commentaires. Ciblez plutôt les animaleries de ce groupe qui, bien sûr, ne publieront jamais leurs noms…. Pourquoi donc?

 

 

 

 

 

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